21 mars 2006

9 / 11

Une vidéo choc se propage sur le Web : la voici arrivée jusqu'à Agora Vox. Même Loïc Le Meur, le pape de la blogosphère française, s'en fait - certes prudemment - l'écho.

Nouveau rebondissement dans "l'affaire du 11 septembre" : la diffusion sur le Net du film Loose Change. Affaire il y a, dans la mesure où la vérité n'est toujours pas connue, dans la mesure où l'on se doute que nombre d'informations fondamentales demeurent cachées. Le risque de cette ignorance qui dure, qui ne se satisfait pas d'elle-même, c'est peut-être précisément ce genre de film. Film remarquable dans sa réalisation, joli montage, beaucoup de chiffres, d'informations qui se veulent sérieuses et exclusives, témoignages nombreux, retour sur les images brutes du 11 septembre, décorticages de ces images, pour y dénicher le détail qui fâche, le détail qui tue, qui ruine la version officielle. Film remarquable dans sa forme, auquel on a envie de croire, comme on a souvent envie de croire aux thèses conspirationnistes de tous ordres, tellement ce serait énorme, tellement ce serait démoniaque, diabolique. Evidemment, personne n'est en mesure de se prononcer honnêtement et sérieusement sur les thèses contenues dans ce film. On aimerait qu'elles provoquent une réaction. Que des experts indépendants se retroussent enfin les manches et communiquent au public l'état de leurs recherches. Car de quoi s'agit-il dans ce film tellement séduisant ? Il s'agit ni plus ni moins d'accuser le gouvernement américain d'être l'auteur des attentats, d'être le metteur en scène génial et fou de cette catastrophe. Les islamistes n'y sont pour rien, tout a été monté par Bush et sa bande de brigands. Dit comme ça, la thèse n'est franchement pas crédible, même si on se défie des néo-conservateurs et de leur Président. Seulement, le film étaye.

Un Boeing est-il tombé sur le Pentagone ? Non, selon Loose Change. Un trou de 5 mètres de large dans l'édifice, la pelouse devant qui reste intacte, les restes de l'avion introuvables, qui se seraient volatilisés sous l'effet de la chaleur, ce n'est pas crédible. La thèse du film, c'est qu'un missile a été tiré sur le Pentagone. Sans compter de troublantes disparitions d'enregistrements vidéos, confisqués par les services secrets, des travaux de réenforcement qui avaient été récemment effectués à l'endroit même où le Pentagone a été touché, un supposé coup de fil de Condoleezza Rice pour prévenir un haut dignitaire de ne pas prendre l'avion ce jour-là...

Ensuite, il y a les tours jumelles. Le choc des deux avions, ainsi que les incendies qui ont suivi, n'auraient pas pu suffire à provoquer l'effondrement des tours. "Preuves" scientifiques à l'appui. Il a fallu des bombes. Et le film montre précisément des explosions au moment où les tours tombent sur elles-mêmes ; on voit de multiples explosions qui accompagnent leur chute, sur toute leur hauteur. Comme si cette démolition était parfaitement programmée. D'ailleurs, de nombreux témoins confirment avoir entendu de fortes explosions après les collisions. Et, si cela ne suffisait pas, les deux avions de passagers détournés ne seraient pas ceux qui ont finalement percuté le World Trade Center ! Des témoins décrivent des avions sans hublots, avec un logo bleu, et qui ne ressembleraient en rien à des avions de ligne. Je n'évoque même pas de troublants mouvements financiers qui se seraient produits dans les jours qui précédèrent le drame... Et ce fameux passeport de l'un des pilotes kamikazes, retrouvé dans les ruines du World Trade Center, alors même que les boîtes noires, construites dans les matériaux les plus résistants qui soient, ont été, nous dit-on, perdues...

Quant au dernier avion, qui s'est écrasé dans un terrain vague, il ne se serait pas écrasé ! mais aurait atterri tranquillement à l'aéroport de Cleveland, sans qu'on sache ensuite où sont passés les passagers. Sur le terrain vague, on ne retrouva que des petits débris très éparpillés, "comme s'ils avaient été jetés du ciel". Nulle trace d'un avion. Petit détail technique : on sait que des passagers ont téléphoné à leurs proches ; or, il paraît qu'à près de 10 000 mètres d'altitude, altitude à laquelle volaient les avions, on a une chance sur cent de réussir à passer un coup de fil avec son portable (du moins était-ce le cas en 2001) ; ce qui fait dire à l'auteur du film que les enregistrements retrouvés sont des faux, fabriqués à l'aide de voix artificielles. Je sais, on finit par se croire dans X-Files.

Autre petit détail : la vidéo dans laquelle Oussama Ben Laden a revendiqué les attentats le montre écrivant de la main droite, alors qu'il serait, selon la CIA... gaucher ! Autre bidonnage selon Loose Change. Bref, on se dit, avec un peu de recul, que l'auteur de ce film n'aime vraiment pas son gouvernement et a décidé de le charger à mort, par tous les moyens, et on se dit qu'il exagère - à défaut de tout bidonner lui-même. Néanmoins, malgré la description un peu caricaturale que j'ai faite de ce film, on reste, après l'avoir vu, douteux, soupçonneux. Et si c'était vrai ? Et oui, malgré tout, si c'était vrai ? Ou simplement, s'il y avait ne serait-ce qu'un peu de vérité là-dedans ? Car nombre d'éléments sont véritablement troublants, très troublants. Je conseille à chacun de voir ce film, pour se faire son idée : il aura assisté, soit à un magnifique travail de journalisme alternatif, soit à un habile exercice de désinformation et de manipulation. De quoi rendre, si l'on ne se laisse pas submerger par la passion, plus avisé et plus prudent.

Tant que la vérité ne viendra pas, petits bouts par petits bouts, commencer à nous offrir un récit hautement vraisemblable de ce qui s'est passé, nos imaginations et fantasmes les plus nauséabonds pourront avoir cours. Assurément, si ce Loose Change ne nous livre très certainement pas le fin mot de l'histoire, il a le mérite de relancer un débat qui n'est pas prêt de se clore, et qui nous réserve sans doute de redoutables surprises. La vérité sommeille encore sous un lourd couvercle.


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